Non‑résident Schumacker : qui est concerné et quels impacts fiscaux en France ?
Le statut de non‑résident Schumacker permet à certains contribuables vivant en Europe mais percevant l’essentiel de leurs revenus en France d’être assimilés à des résidents fiscaux français. Cette situation ouvre l’accès à des règles d’imposition plus favorables que celles habituellement appliquées aux non‑résidents.
Qui peut être considéré comme non‑résident Schumacker ?
Ce statut s’adresse uniquement aux personnes :
domiciliées dans un État membre de l’Union européenne, ou dans un pays de l’EEE disposant d’une convention fiscale avec la France incluant une clause d’assistance administrative ;
qui tirent la totalité ou la quasi‑totalité de leurs revenus en France.
Cette notion découle d’un arrêt de la CJUE (1995) et nécessite un examen au cas par cas. L’administration fiscale a toutefois fixé des critères chiffrés pour faciliter l’identification.
Les critères de revenus
Un contribuable est présumé « Schumacker » s’il remplit l’une des deux conditions suivantes :
✔️ 1. Revenus français ≥ 75 % du revenu mondial
Et absence de mécanismes suffisants dans l’État de résidence permettant de réduire l’impôt en fonction de la situation personnelle et familiale.
✔️ 2. Revenus français ≥ 50 % du revenu mondial
Et absence totale de mécanismes permettant de réduire l’impôt dans l’État de résidence.
Ces critères visent à identifier les personnes qui, bien que vivant à l’étranger, ne peuvent pas bénéficier dans leur pays de résidence d’une imposition adaptée à leur situation familiale, faute de revenus suffisants localement.
Quels effets fiscaux en France ?
Les non‑résidents Schumacker sont assimilés à des résidents fiscaux français pour le calcul de l’impôt sur le revenu. Concrètement :
Avantages obtenus
Imposition sur le revenu mondial, comme un résident français.
Pas de taux minimum de 20 % ou 30 % applicable aux non‑résidents.
Accès :
à la déduction des charges du revenu global (pensions alimentaires, etc.) ;
à toutes les réductions et crédits d’impôt ;
à l’exonération des retenues à la source spécifiques aux non‑résidents (articles 119 bis, 182 A, 244 bis, etc.).
Limites importantes
Pour les conventions fiscales internationales, ils restent résidents de leur État de domicile, pas de la France.
Ils ne sont soumis aux contributions sociales françaises (CSG/CRDS) que s’ils relèvent d’un régime obligatoire français d’assurance maladie.
Comment obtenir ce statut ?
Les contribuables doivent fournir des justificatifs lors de leur déclaration de revenus : avis d’imposition étranger, justificatifs de revenus, attestations de retenue à la source, etc.
L’administration examine ensuite si les conditions du statut Schumacker sont remplies.

