Résidence fiscale à Dubaï refusée : la justice confirme le maintien du domicile fiscal en France
CAA Paris, 5 novembre 2025, n° 24PA02106
S’installer à Dubaï ne suffit pas toujours à faire reconnaître un transfert de résidence fiscale à l’étranger. Dans une décision récente, la Cour administrative d’appel de Paris a refusé de considérer qu’un couple de contribuables français était devenu résident fiscal des Émirats arabes unis, estimant qu’ils avaient en réalité conservé leur domicile fiscal en France.
Le maintien du foyer fiscal en France
Pour déterminer la résidence fiscale, la cour s’est fondée sur l’article 4 B du Code général des impôts, qui prévoit notamment que le domicile fiscal se situe en France lorsque le foyer ou le lieu de séjour principal y est établi.
Dans cette affaire, plusieurs indices matériels ont conduit les juges à considérer que le foyer du couple demeurait en France :
- existence d’un contrat de bail en France, attesté par des quittances ;
- logement alimenté en énergie, avec un compteur actif et des factures liées à un contrat souscrit auprès d’Enedis ;
- immatriculation à la sécurité sociale française ;
- remboursements de frais médicaux versés sur un compte bancaire français ;
- mariage célébré en France ;
- publications sur les réseaux sociaux évoquant une vie à Paris.
Ces éléments ont été jugés suffisants pour caractériser le maintien du foyer fiscal en France, malgré la revendication d’une résidence à Dubaï.
La convention fiscale France – Émirats arabes unis confirmée par les juges
La cour a également appliqué la convention fiscale entre la France et les Émirats arabes unis du 19 juillet 1989, qui prévoit des critères de départage lorsque deux États peuvent revendiquer la résidence fiscale d’un contribuable.
Selon ces critères, la résidence fiscale doit être située dans l’État avec lequel la personne entretient les liens personnels et économiques les plus étroits.
En l’espèce, les juges ont estimé que ces liens demeuraient en France, notamment en raison :
- du mariage célébré en France ;
- de la localisation en France du siège social de la société générant les revenus du couple, dirigée par l’un des époux.
Expatriation fiscale à Dubaï : une analyse très factuelle
Cette décision illustre la vigilance de l’administration fiscale et des juridictions françaises en matière de résidence fiscale à l’étranger, en particulier pour les expatriations vers des États à fiscalité attractive comme Dubaï.
En pratique, le transfert de résidence fiscale suppose de rompre de manière effective les principaux liens personnels, familiaux et économiques avec la France. À défaut, l’administration peut considérer que le contribuable demeure résident fiscal français, avec toutes les conséquences en matière d’imposition.

